La Neuvième cible de Pavel Kreniev

Il n’y a pas de guerres propres, mais certaines sont faites encore plus salement : celles où les belligérants font appel à des snipers, mot anglais qui désigne à l’origine les tireurs d’élite, mais qui dans les conflits modernes a davantage pris le sens de « tireurs embusqués ». Souvent sans uniforme, ces hommes sont le plus souvent chargés de semer la terreur parmi la population civile. Tel fut le cas en 1992, après la dislocation de l’Union soviétique, dans l’est de la Moldavie, territoire convoité à l’époque par une Roumanie devenue « fréquentable » aux yeux de l’Occident, après la liquidation du régime Ceausescu. Plus civile que réellement militaire, une petite guerre eut lieu alors dans l’est de ce pays, en Transnistrie, région voisine de l’Ukraine, peuplée de 500.000 habitants et majoritairement pro-russe, qui se déclara alors en tant qu’État indépendant, statut jamais reconnu ni par l’ONU, ni même, aujourd’hui encore, par la Russie de Poutine.

Présenté comme une histoire vraie, La Neuvième Cible met principalement en scène le major Nikolaï Gaïdamakov, un tireur d’élite venu de Moscou pour mettre un terme à la série de meurtres de civils perpétrés par des snipers agissant pour le compte des services secrets roumains. Connaissant leurs méthodes de travail, il liquide sa huitième cible au moment où débute le livre. Sa méthode consiste à repérer tout d’abord le lieu où se terre le tireur ennemi, puis à l’abattre au moment où il s’apprête à agir.

Il est cependant loin d’avoir fini : dans toute la suite de l’histoire, il se trouve confronté à un neuvième tireur, encore plus redoutable que les précédents, car particulièrement habile à passer inaperçu parmi la population de Tiraspol, la capitale locale. Les actions de ce tueur invisible visent à rendre ses habitants hostiles à Moscou, considéré en l’occurrence comme incapable d’assurer leur sécurité. Le célèbre général Lebed, qui se fera connaître une dizaine d’années plus tard en tant que rival politique de Poutine, commande alors la 14e armée russe, chargée de rétablir l’ordre dans la région en la protégeant à la fois des visées annexionnistes de la Moldavie et des snipers envoyés dans la région par les services secrets roumains, bien évidemment préoccupés de la déstabiliser. Pour ce faire, une action de grande ampleur est programmée : la cible du tireur d’élite sera alors le général Lebed en personne. Il devra être abattu depuis la rive ouest du fleuve Dniepr, afin que la Moldavie soit accusée du meurtre et n’ait plus d’autre choix que de se réfugier dans les bras du régime roumain en y perdant au passage son indépendance.

On ne va évidemment pas déflorer ici la suite et la fin de l’histoire, ni l’ébranlement émotionnel que le dénouement va provoquer chez le major Gaïdamakov. Du livre, on dira simplement que s’il souffre d’un petit défaut côté construction, ses chapitres courts et la traduction qu’en a faite Thierry Marignac, auteur dont j’ai déjà chroniqué ici le roman Terminal-croisière, le rendent aussi « instructif » qu’agréable à lire.

Kriss Vilà 👉

La couv’

Quelques extraits…

Achat

https://www.decitre.fr/livres/la-neuvieme-cible-9782358878401.html

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